Déclaration commune CSF - 26 Novembre 2025

01 décembre 2025


Comité stratégique de la filière automobile


26 novembre 2025


Le bureau du Comité stratégique de la filière automobile (CSF) s’est réuni, mercredi 26 novembre 2025, sous la présidence de Luc CHATEL et en présence des représentants de l’Etat.


A cette occasion, les représentants de la filière automobile, constructeurs, équipementiers et fournisseurs, acteurs de la distribution et des services, et les représentants des organisations syndicales, CFE-CGC Métallurgie, Fédération CFTC Métallurgie et FO Métaux, ont tenu à arrêter la déclaration commune suivante.


Déclaration commune


Les décisions qui seront prises au niveau européen dans le cadre du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’industrie automobile européenne ouvert par la présidente Ursula von der Leyen, seront déterminantes pour l’avenir du secteur en France comme en Europe.


C’est bien, en réalité, la question de la pérennité d’une industrie automobile européenne qui se trouve désormais posée.


La multiplication des annonces de restructurations et de suppressions d’emplois partout en Europe, principalement en Allemagne et en France, doit, de ce point de vue, sonner comme une alerte. En France, en cinq ans, dans un marché qui s’est réduit d’un quart depuis 2020, 40.000 emplois ont été déjà perdus au coeur du tissu industriel. Et l’étude paritaire, confiée à l’institut Xerfi, dans le cadre de l’EDEC de la filière automobile, évalue à 75.000 le nombre d’emplois menacés d’ici à 2035. Des impacts étendus aux entreprises de la distribution et des services selon son observatoire paritaire.

Sur la même période, l’offensive chinoise s’amplifie avec une progression de près d’un tiers des exportations en Europe en provenance de Chine depuis le début de l’année. Et, avec des écarts de coûts avec la Chine de 25% en moyenne (hors transports), le tissu industriel européen présente désormais une position compétitive dégradée qui le place devant un risque critique de fermeture de sites industriels, d’éviction progressive au profit d’acteurs non européens, ou de délocalisation forcée.
Dans ce contexte, l’examen anticipé de la clause de révision de la règlementation à 2035, constitue une fenêtre d’opportunité qui doit nous permettre de réaligner en urgence ambition climatique, compétitivité industrielle et réalités du marché.
Le consommateur n’est manifestement pas au rendez-vous de la logique du tout-électrique. Avec seulement 16% de parts de marché pour le véhicule électrique aujourd’hui, une réalité s’impose : l’Europe ne sera pas au rendez-vous de 2035. Dans ce contexte, il apparaît indispensable de rendre aux industriels la liberté d’innovation, et aux consommateurs la liberté de choix, en introduisant des flexibilités et de la diversité technologique dans la règlementation. C’est, au fond, ce que nous demandent les consommateurs.

Comité stratégique de la filière automobile


Dans le même temps, l’adoption par l’Union européenne, après tant d’autres régions du monde, de mesures de contenu local, apparaît comme un enjeu de souveraineté et une impérieuse exigence. Définir un contenu européen minimum est devenue une condition indispensable à la survie d’un tissu industriel en Europe.
Enfin, le rapport Draghi a suffisamment souligné l’urgence d’une véritable politique européenne de renforcement de la compétitivité. Il doit constituer, enfin, une feuille de route pour l’UE.
Flexibilités, souveraineté, compétitivité apparaissent ainsi comme les trois conditions indispensables à la survie de l’industrie automobile en France comme en Europe.


Luc CHATEL, président du Comité stratégique de filière, président de la PFA
Francis BARTHOLOME, président de MOBILIANS
Jean-Louis PECH, président de la FIEV
Frédéric VION, Délégué National à l'Industrie Fédération Métallurgie CFE-CGC
Carole COGNARD,Secrétaire Générale Fédération CFTC Métallurgie
Olivier LEFEBVRE, Secrétaire fédéral FO Métaux