L’actualité récente de l’industrie automobile, relayée par la presse internationale, dessine un paysage inquiétant. Sous couvert de "compétitivité" et d’"agilité", nous assistons à un jeu de chaises musicales technologique entre l’Europe et la Chine. Pour le syndicat FO ACC, si les directions parlent de stratégie, nous, nous parlons de souveraineté industrielle et d'avenir pour nos emplois.
La technologie chinoise comme cheval de Troie ?
Le constat est cinglant : les géants occidentaux, de Volkswagen à Renault en passant par Stellantis, semblent avoir abdiqué sur le terrain de l'innovation pure au profit de raccourcis financiers.
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Volkswagen s’allie à XPeng pour développer des modèles "en Chine pour la Chine" .
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Audi crée une marque spécifique avec SAIC pour diviser ses délais de développement par deux en utilisant des logiciels chinois.
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Renault développe sa future Twingo électrique à Shanghai avec des fournisseurs chinois.
Pour FO ACC, cette dépendance technologique est un signal d'alarme. En externalisant la Recherche et Développement (R&D) et en adoptant massivement les plateformes chinoises, nos constructeurs ne préparent pas l'avenir, ils organisent l'atrophie de notre savoir-faire européen.
Des usines européennes sous pavillon étranger
L'autre volet de cette mutation concerne l'outil de production. Pour contourner les taxes et les coûts de transport, les groupes chinois s’installent chez nous.
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Leapmotor va produire dans l'usine Stellantis de Saragosse.
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Dongfeng lorgne sur le site de Rennes pour éponger les surcapacités de Stellantis.
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Chery a déjà investi l'ancienne usine Nissan à Barcelone.
Si le maintien de l’activité sur ces sites peut paraître une victoire à court terme, FO ACC reste lucide : accueillir des constructeurs chinois dans nos murs pour assembler leurs technologies ne constitue pas une politique industrielle pérenne. C'est transformer nos ouvriers qualifiés en simples assembleurs de kits venus d'Asie.
Le défi de la souveraineté : Les batteries au cœur de la bataille
Comme le souligne fort justement l’expert Mikaël Le Mouëllic, la souveraineté passera impérativement par les usines de batteries. C’est ici que se joue le destin d'ACC.
Si Stellantis, Mercedes ou Renault multiplient les partenariats avec Geely, Leapmotor ou Dongfeng, quels composants seront intégrés dans ces véhicules "européens" ? Préféreront-ils les cellules produites par nos usines ACC ou céderont-ils à la facilité des chaînes d'approvisionnement chinoises déjà intégrées ?
La position de FO ACC
FO ACC ne s'oppose pas au réalisme économique, mais refuse le sacrifice de notre indépendance sur l'autel des dividendes immédiats. Nous exigeons :
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La priorité aux composants européens (et singulièrement aux batteries produites localement) pour tous les véhicules assemblés en Europe, quelle que soit l'origine du partenariat.
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Le maintien des centres de R&D en Europe pour éviter que nos ingénieurs ne deviennent les simples traducteurs de cahiers des charges conçus à Shanghai.
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Une transparence totale sur les discussions entre Stellantis et Dongfeng concernant le partage de sites comme celui de Rennes.
L’industrie automobile européenne ne doit pas devenir une simple "marque" apposée sur des produits dont l'intelligence et la valeur ajoutée viennent d'ailleurs. FO ACC restera vigilant : nous ne serons pas les spectateurs passifs de la désindustrialisation de notre continent.
FO ACC – La force du collectif, l’exigence de la souveraineté.


