Pourquoi Stellantis met à l'arrêt ses usines de production de Poissy et Pomigliano d'Arco
Le groupe automobile franco-italo-américain confirme sa décision de mettre à l'arrêt ses usines de production situées à Poissy (France) et Pomigliano d'Arco (Italie) faute d'une demande suffisante pour les véhicules qui y sont fabriqués.
Stellantis annonce procéder à un arrêt temporaire de la production des véhicules de certaines de ses marques. Et suspend donc l'activité de plusieurs de ses usines européennes. Si, depuis plusieurs années maintenant, les périodes de chômage partiel s'enchaînent au sein de l'usine Stellantis de Mirafiori (Italie) en raison des mauvaises ventes de la Fiat 500e, la mise à l'arrêt de l'usine de Poissy (France) et de l'usine de Pomigliano d'Arco (Italie) est plus inhabituelle.
Cette décision est toutefois justifiée par « une demande insuffisante sur le marché européen » pour les produits qui en sortent et la nécessité « d'adapter les rythmes de production à [ce] marché européen difficile ».
Comme le résument nos confrères de Reuters, la production de Stellantis à Pomigliano d'Arco - un site localisé près de Naples - sera suspendue du 29 septembre au 6 octobre en ce qui concerne la fabrication de la Fiat Panda (aussi désormais appelée Pandina) et du 29 septembre au 10 octobre pour l'assemblage du SUV premium Alfa Romeo Tonale. Dans un communiqué, le groupe précise que les 3 800 salariés du site seront alors placés en chômage partiel.
Un effet des droits de douane de Trump mais pas seulement...
Selon le groupe automobile, la demande pour l'Alfa Romeo Tonale - diffusé sous le nom Dodge Hornet aux États-Unis - s'est ralentie ces derniers mois en raison de la mise en place des droits de douane sur l'importation de véhicules voulue par Donald Trump tandis que concernant la Panda, il est nécessaire d'optimiser le site en raison d'une baisse traditionnelle des commandes loueurs et flottes en fin d'année.
Plus globalement, l'intérêt des clients pour le segment A (celui des minicitadines) est désormais moindre... les rares modèles encore sur le marché étant plutôt vieillissants et relativement chers désormais... Le segment pourrait toutefois reprendre des couleurs avec la création d'une e-car européenne 100 % électrique dans les années à venir.
L'activité de l'usine Stellantis de Poissy, située dans le département des Yvelines, sera quant à elle suspendue du 13 au 31 octobre « afin d'adapter son rythme de production à un marché européen difficile ». De ce dernier grand complexe industriel automobile d'Ile-de-France sortent deux modèles de SUV citadins : les DS Automobiles DS3 et Opel Mokka dans leurs déclinaisons thermiques, hybrides et 100 % électrique.
Des véhicules originaux mais désormais noyés au sein d'un segment où la concurrence, y compris chinoise, s'est nettement développée depuis leur arrivée sur le marché en 2018 et 2020. Une situation qui n'est toutefois pas récente, puisque la direction de Stellantis a déjà évoqué en CSE l'arrivée possible de nouvelles activités sur le site, notamment autour de l'économie circulaire.
Rappelons également que l'emprise de l'usine Stellantis de Poissy semble également être convoitée par le PSG afin d'y bâtir son nouveau stade. Le club de football parisien souhaitant déménager de son enceinte historique du Parc des Princes que refuse de lui vendre la ville de Paris.
Stellantis au défi de raviver la flamme
A l’heure où Renault surfe sur le succès du design rétro-modernisme, Stellantis broie du noir ! Si Peugeot et Citroën espèrent toujours un rebond commercial, les ventes de Fiat et d’Opel dévissent. Sur un marché peu porteur, les acheteurs se détournent des VN pour des questions de coût, et d'incertitudes technologiques, mais aussi en raison du manque d’inspiration du constructeur.
En règle générale, l’acquisition d’un véhicule n’a rien d’un achat compulsif. Il répond avant tout à des critères rationnels et pragmatiques. Raisons pour lesquelles, le véhicule électrique peine tant à convaincre.
Mais derrière les arguments financiers et d’usages, une voiture doit séduire par ses lignes et son style. Un supplément d'âme devenu capital sur les modèles électriques dont les performances techniques se résument bien souvent à des autonomies et à des temps de charge.
Des marques devenues ennuyeuses
A devenir trop sérieuses, des marques généralistes premiums comme Volkswagen, Toyota et Peugeot, en sont devenus aussi ennuyeuses. Stellantis symbolise ce manque de « sex-appeal ». La Fiat Grande Panda tente bien des clins d'œil au passé, en vain.
Résultat, malgré le repositionnement tarifaire engagé par le constructeur franco-italo-américain sous l’impulsion de son nouveau CEO Antonio Filosa, les ventes de la firme restent éloignées des performances dignes de ce nom. Et le retour du sigle Gti sur la Peugeot e-208 est un premier pas vers cette nécessité de réenchanter.
Le succès du rétro-modernisme par Renault
A l’inverse, face à des acheteurs en quête d'émotions, le style Renault concentre les ingrédients du succès. Surfant sur la vague rétro-moderniste, les Renault 5 E-Tech et Renault 4 E-Tech, en attendant la nouvelle Renault Twingo E-Tech, ravivent la flamme des acheteurs.
Alpine a su également parler au cœur des passionnés, tandis que Dacia est même devenue séduisante ! L'exercice est pourtant loin d'être gagné d'avance, si on se réfère au Volkswagen ID Buzz qui n’aura pas réussi à réinventer l’esprit Combi.
Un coup d’éclat pour sortir du marasme commercial
Depuis l’avènement de l'électrique, les constructeurs multiplient les initiatives pour renouer avec leur histoire, et faire appel à l'émotion des acheteurs. Pour Stellantis, la capacité à créer un coup d’éclat à l’image par le passé, de BMW avec Mini ou de Fiat avec la 500, serait sans contexte la recette miracle pour sortir du marasme commercial dans lequel le constructeur est plongé.
D'autant que dans les cartons de Peugeot, figure un concept d’e-Legend qui ne demande qu’à s’exprimer pour redorer l'image de la marque. Une nécessité. Car dans les réseaux, la difficulté à convaincre les acheteurs et à retrouver de la rentabilité inquiète.
Un salarié malade pendant ses congés payés peut les reporter, tranche la Cour de cassation
L’arrêt de la plus haute juridiction était attendu pour mettre le droit français en conformité avec le droit européen.
Un salarié qui tombe malade pendant ses vacances a «le droit de voir son congé payé reporté», selon un communiqué publié mercredi par la Cour de cassation. L’arrêt de la plus haute juridiction était attendu pour mettre le droit français en conformité avec le droit européen, qui prévaudra donc, pourvu que «l’arrêt maladie soit notifié par le salarié à son employeur».
En droit de l’Union européenne, «l’objectif du congé payé est de permettre aux salariés non seulement de se reposer, mais aussi de profiter d’une période de détente et de loisirs», explique la Cour de cassation. L’objectif du congé de maladie est différent : il doit «permettre aux salariés de se rétablir d’un problème de santé», poursuit le communiqué qui explique que «ces deux droits n’ont donc pas la même finalité».
Le droit au paiement d’heures supplémentaires pour un salarié au décompte horaire
Dans un autre arrêt publié mercredi, la Cour de cassation a décidé, à la suite d’un pourvoi de trois salariés, le droit au paiement d’heures supplémentaires pour un salarié au décompte horaire, y compris «sur la semaine au cours de laquelle il a posé un jour de congé payé et n’a donc pas réalisé 35 heures de travail effectif». Là aussi, le raisonnement est fondé sur le droit européen qui veut que «toute mesure pouvant dissuader un salarié de prendre ses congés payés est interdite».
Or «un calcul des heures supplémentaires qui ne tient pas compte des jours de congé payé fait perdre au salarié un avantage financier qui peut le dissuader de se reposer».









